Cameroun : L’Onu d’Antonio Guterres  fait la carpe face à l’appel à l’insurrection

Cameroun – Appel insurrectionnel : La « Communauté internationale » fait la carpe

Le constat se dégage curieusement chez certains des pays partenaires et institutions supranationales prompt à rudoyer le gouvernement camerounais. Face aux manfestations convoquées par Maurice Kamto et affidés, Onu, Union Africaine, Russie, Chine, Russie et autres Ongs internationales sont muets. Un silence  «  complice » selon certains observateurs de la scène politique camerounaise et internationale.

 

 

Afrique54.net –  Le 24 août 2020, l’opposant camerounais Maurice Kamto a fait une sortie fort remarquée. Se pourfendant en diatribes enflammées contre la présidence de Paul Biya, il appelle les camerounais à l’insurrection. Le soulèvement convoqué pour le 22 septembre prochain poursuit la logique des revendications d’après Election présidentiel du 7 octobre 2018. Maurice Kamto revendique toujours être le « véritable président élu »  malgré sa défaite à face l’actuel locataire du Palais d’Etoudi. Revendication qu’il a anticipée au lendemain du scrutin, avant l’entrée en scène et le verdict de la Cours Constitutionnelle.

Source photo : ukrinform

La longévité au pouvoir de l’actuel président du Cameroun semble être la principale cause de cette ébullition. Près de 40 ans de règne sans discontinue. Pourtant, Paul Biya semble visiblement jouir d’un capital sympathie inexplicable chez une majorité des Camerounais, dit-on « épris de paix».

Aussi, l’absence de condamnation de l’appel à l’insurrection de l’opposant Kamto par la communauté internationale laisse songeur.  Firmin  TAMO, commerçant au  Marché du Mfoundi à Yaoundé est tranchant.  « Où sont les Ong internationales et les partenaires du Cameroun comme la Russie, la Chine…». Interrogé par nos confrères de … le commerçant marque sa stupéfaction. « Je surpris par le mutisme des  Nations Unies, de l’Union Africaine voire celui de l’Union  Européenne depuis  la sortie  du président du Mrc Maurice Kamto. Leur silence inquiétant frise à une certaine complicité ».

 

 

Le paradoxe onusien

Dans le même sens, certains spécialistes des relations internationales questionnent particulièrement la posture des Nations unies sous Antonio Guterres. L’institution surprend par son silence qui du temps de Koffi Anan aurait été brisé pour condamner l’insurrection au Cameroun.

Pour illustration, l’on se souvient de la sortie du Suédois Pierre Schori le mardi 23 août 2005. L’envoyé spécial de l’Onu en Côte d’Ivoire avait dénoncé l’appel au renversement de Laurent Gbagbo. « Toute déclaration appelant au renversement des institutions de la république de Côte d’Ivoire ». L’appel était du général Mathias Doué ancien chef d’état-major des forces loyalistes limogé en novembre 2004. Un appel émis lors d’une interview accordé à Radio France International.

 

 

 

 

 

 

 

L’Onu sous Koffi Anan avait estimé que “De telles déclarations sont de nature à exacerber les tensions sociales et politiques déjà aiguës, à retarder la mise en œuvre des accords de paix et à mettre en péril les efforts inlassables déployés… » Un déploiement opéré par le président sud-africain Thabo Mbeki, alors médiateur de l’Union Africaine.

Pourtant, la situation n’est pas si différente, au regard du contexte sociopolitique actuel au Cameroun. Des efforts sont consentis pour résorber les tensions en régions anglophones et stabiliser les acquis dans le septentrion. Boko Haram quoique réduit militairement y demeure une préoccupation du fait de son éclatement.

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Malgré le curieux mutisme de la communauté international, selon certains observateurs, le landernau politique semble défavorable à Maurice Kamto. De nombreuses personnalités de la sphère politique apprécient mal les aspirations du leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun.

« D’où vient-il que des citoyens sans mandat électif veulent s’exprimer au nom du peuple camerounais ?», La déclaration est de Fame Ndongo, Secrétaire à la communication du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais. Une déclaration intitulée « IL NE FAUT PAS JOUER AVEC LE CAMEROUN » qui date du mardi 15 septembre 2020.

 

 

Pour Shanda Tomne, «le Cameroun n’a pas besoin de haine de fracture. Nous devons aller vers le Dialogue, la Réconciliation.» Le Président du MPDR l’a déclaré le 15 septembre 2020 lors de l’audience chez Peter Mafany Musonge. Audience accordé en sa qualité de Président de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme.

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Cependant, le multiculturalisme semble ne pas être l’apanage de tous les Camerounais. à en croire l’analyste politique Jim Noah semble reposer sur le tribalisme. « Les Camerounais ont retenu que Papa Kamto ne peut être Président de tous Les camerounais. Il a fait savoir au Camerounais qu’il aurait été le président de son ethnie. Voilà pourquoi le peuple ne peut se sentir concerné lorsqu’il appelle à la révolution même pas ceux qu’il prétend le suivre par affinités tribales. Personne ne sortira pour lui. Son parti politique s’est mis le Cameroun entier à dos ».

 

 

En conséquence, John Fru Ndi du Social Democratic Front n’approuve pas la division des Camerounais qu’engage l’appel de Maurice Kamto. «Le SDF a été créé pour mettre les Camerounais et le Cameroun ensemble et non pour les diviser et le diviser…. En conséquent nous ne sommes pas prêts à l’accompagner dans son programme d’insurrection et il doit être capable d’en assumer les conséquences ! »

Dans cette optique, le lundi 7 septembre 2020, le ministre de l’Administration Territoriale, a indiqué la dévolution du gouvernement. Paul Atanga Nji, au cours d’une conférence presse dans ses services s’est voulu péremptoire. «L’Administration territoriale est chargé du maintien de l’ordre, de la protection des personnes et de leurs biens, de l’encadrement des activités des partis politiques, des ONG, entre autres. Aucun écart de comportement ne sera toléré de quelque parti politique que ce soit et de qui que ce soit ». Mais bien plus encore, «tous les fauteurs de troubles, quels qu’ils soient, seront responsables de leurs actes devant les tribunaux ».

© Afrique54.net Eric Martial NDJOMO E.

 

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