Salués de concert par la communauté internationale, les efforts du chef de l’Etat Pr . Faustin ArchangeTouadera , au-delà de la recherche d’un gentleman’s agreement avec les principaux leaders politiques dans la dynamique de la paix et de la réconciliation de son pays, visent à mettre en place une véritable armée.

Aux enjeux sécuritaires en République Centrafricaines se greffent, ces derniers temps, des enjeux politiques avec l’annonce de la tenue des élections législatives et municipales 2020-2021. Raisons de plus pour que le chef de l’Etat, Faustin Archange Touadera, de concert avec la communauté internationale et les forces vives mettent des bouchées doubles pour sortir définitivement le pays de la crise dans laquelle il est englué depuis près de sept ans déjà. C’est dans cette veine que des rencontres se sont tenues à Bangui en janvier 2020 entre le président de Rca, Faustin Archange Touadera, et les quatre (04) anciens chefs d’Etat que sont : Michel Djotodia, Catherine Samba-Panza, François Bozize Yangouvonda, et Alexandre Nguendet.

Ceci avec l’onction de l’Union africaine (Ua), de la Communauté Economique des États de l’Afrique Centrale (Ceeac) et de l’Organisation des Nations Unies (Onu), qui n’ont pas manqué de saluer cette initiative de haute portée politique à mettre à l’actif des dirigeants du pays. Il faut dire que ces rencontres qui s’inscrivent dans la dynamique de la paix et la réconciliation en République Centrafricaine traduisent la volonté du gouvernement de mettre un terme à la ruineuse guerre interne, et celle de respecter les engagements du président Faustin Archange Touadera contenus dans l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA, signé à Bangui le 6 février 2019.

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Convaincues que ces assises influeront positivement sur le processus de paix et de réconciliation en RCA, ce d’autant qu’il n’y a pas d’alternative à l’accord de paix dans lequel doivent s’inscrire tous les acteurs politiques, ces institutions internationales ont dit leur satisfécit après leur tenue. Tout comme elles « se félicitent de la transmission au Parlement par le gouvernement des projets de Loi relatifs au statut des anciens chefs d’Etat, aux partis politiques, aux collectivités territoriales et la remise officielle au président de la République de l’avant-projet de Loi sur la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation. »

Toutefois, celles-ci appellent à l’accélération de la mise en œuvre de tous les engagements contenus dans l’Accord, notamment ceux relatifs aux questions spécifiques dans le cadre du Ddrr, des Usms. Mais aussi l’adoption des textes règlementaires prévus, ainsi que d’autres engagements non satisfaits. Par ailleurs, le fait que l’Etat parvienne à faire progressivement pièce ce à la violence sur le territoire national est également un motif de satisfaction des organisations internationales qui s’activent sans désemparer depuis des années pour le retour à la paix en Rca, même si l’on continue de condamner les atrocités perpétrées par des rezzous dans certaines localités du pays.

Une priorité
Toujours dans la recherche du retour à cette paix, le locataire du ” Palais de la Renaissance’’ a fait de la restructuration véritable des forces de défense et de sécurité une priorité. C’est ainsi qu’il est prévu l’enrôlement de 1300 soldats chaque année entre 2019 à 2023. L’objectif du gouvernement, tel que le soutient Marie Noël Koyara, la ministre de la Défense et de la Restructuration de l’Armée, est que les Faca (Forces armées centrafricaines) comptent en 2023 dans leur rang 9.800 hommes et femmes compétentes. Cette année, pour rattraper le retard de 2019, 2600 jeunes seront exceptionnellement recrutés dans l’Armée.

Il faut rappeler qu’avant que cette opération ne prenne corps, de nombreux jeunes avaient été formés d’abord par la Mission européenne (Eutm/Rca), puis par des instructeurs russes au maniement des armes fournies par le pays de Poutine. Une fois ces formations acquises, ces derniers avaient été déployés sur le terrain où ils mènent des patrouilles conjointes avec les Casques bleus de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca).

Somme toute, seule une armée républicaine, capable de rayonner partout sur l’ensemble du territoire national en conjuguant force, austérité, droit et justice, pourra garantir durablement la protection des hommes et de leurs biens. Il faut dire que les Centrafricains ne sont pas loin de cette armée idéale grâce à la volonté politique du chef de l’Etat de mettre un terme aux recrutements tribaux dans les forces de défense et de sécurité.

Désormais, l’enrôlement dans ces forces est fondé sur les compétences présentées par les candidats, sans considérations d’obédiences religieuses, ou d’appartenances tribales. Faut-il rappeler qu’avant le début du conflit qui perdure en Rca, la Loi de la programmation militaire prévoyait une augmentation des effectifs de 6500 hommes et 10.500 en 2013 que l’armée comptait alors en ces moments 10.000 hommes seulement ? Un nombre très insuffisant pour garantir la sécurité des hommes et des biens dans un vaste territoire comme celui de la Rca.


Points de vue
Au demeurant, le président Faustin Archange Touadéra (FAT) a à faire à forte partie pour arriver aux résultats attendus dans le domaine de la paix. Les raisons sont multiples. Ce n’est pas une sinécure de redresser un pays qui a connu plus de six régimes, dont cinq installés à la faveur d’un coup d’Etat, toute chose ayant contribué au dévoiement de la force publique et à la promotion des replis identitaires qui ont fait naître une culture de la violence. Mais aussi, il faut bien trouver des moyens de faire pièce à l’exclusion, au sectarisme et au clanisme qui, selon certaines sources, sont les causes principales de l’instabilité chronique de ce pays. Sans manquer de souligner que la démocratie en Rca a toujours souffert du jeu malsain des politiciens, toute chose qui ouvre un autre champ de réflexion.

Mais, on peut toujours croire que la flamme de l’espoir reste allumée dans le ‘’berceau bantou’’. Pour le relèvement de la RCA, ce qui n’est pas l’affaire d’une personne seule ou d’un groupe de responsables, il est aujourd’hui question que les éléments de convergence des points de vue entre les leaders de la classe politique, de la société civile, des parlementaires, du patronat et des syndicats soient exploités à fond et sans réserve.

« Il s’agit de la création et de la consolidation d’une ‘’Union Sacrée’’ autour du président de la République. Ce qui impose que chaque Centrafricain fasse preuve d’humilité, de patriotisme et même de nationalisme. Il revient à chacun de jouer sa partition dans le défi du redressement de l’Etat qui incombe à tous », dixit un homme politique centrafricain.

Dans le même sens il soutient que, c’est en regardant dans la même direction, pour les mêmes objectifs, que la République Centrafricaine s’éveillera, se lèvera et marchera, pourvu que tout le monde, du plus grand au plus petit, contribue à donner à ce pays l’éclat que Barthélémy Boganda avait bien voulu lui donner et aussi à tous ceux qui vivent sur son sol.

© J-M. Biongolo et Marcien Essimi l La Voix Des Décideurs

 

 


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