Art culinaire : La cuisine camerounaise sur tapis rouge

Le festival des saveurs du Cameroun et du monde entend se positionner comme le plus grand évènement promotionnel de l’authenticité et de l’identité du riche et diversifié patrimoine culinaire camerounais.

La cuisine occupe une place prépondérante dans la vie quotidienne de chaque être humain. Si certains s’initient a la cuisine contemporaine, d’autres partent a la quête de la perfection en intégrant des écoles culinaires d’ici et d’ailleurs. Au bout du compte, c’est l’expérience qui prime partout sur les diplômes. Si  bien se nourrir est tout un art, avoir un certain gout pour les présentations et la mise en valeur de la nourriture l’est davantage. Il convient dès lors de connaitre l’origine de l’art culinaire pour inéluctablement prétendre le maitriser.

« J’ai appris à faire la cuisine aux cotes de ma mère. Quand je me lance dans la restauration en fin 1982, je tenais la cuisine avec ma mère, qui était spécialisé dans tout ce qui était recettes de grand-mère », nous confie Maï The, tenancière du restaurant l’Agora et gérante du Bois Sainte Anastasie. Ces recettes que beaucoup connaissent aujourd’hui par cœur au Cameroun et transmises aux générations futures, ont également été transmises aux générations actuelles par les générations passées. La cuisine de « grand-mère » dont il est ici question, et a la découverte de laquelle le festival des Saveurs du Cameroun et du Monde entraine le grand public pour sa première édition du coté du Palais des Congrès de Yaoundé, ambitionne de mettre en valeur la cuisine camerounaise. Et d’arriver dans une certaine mesure à la labellisation des mets et plats des dix régions du pays.

Une cuisine riche et variée

Au Cameroun, il existe une très grande variété de préparation culinaire et de multiples traditions régionales, si bien qu’il n’est pas aisé de parler de la cuisine camerounaise. En effet la cuisine camerounaise est très variée de part la diversité des groupes ethniques. L’on dénombre un peu plus de 200 groupes ethniques a travers le pays, avec chacun ses traditions culinaires. Cette diversité s’explique également de part son histoire, qui a amené des influences culinaires. Notamment des nombreux explorateurs et colons, qui ont séjourné au Cameroun. Le climat contraste que l’on retrouve dans ce pays du Golf de Guinée et qui donne accès a des produits végétaux et animaux différents selon le climat dans ces régions, vient renforcer cette diversité.

Des mets peu valorisés

Mal connue a l’étranger, la cuisine camerounaise est l’une des cuisines les plus riches et raffinées en Afrique. Afrique en miniature, le pays offre un éventail de mets et plats difficilement valorisés. « Rien que dans leur région d’origine, beaucoup de camerounais ne connaissent pas tous les mets de leur région. A plus forte raison les mets des régions dont ils ne sont pas issus », relève chef Eric. Tout comme dans chacune des dix régions, il existe de nombreux plats qui se sont développés au détriment des autres au point d’être reconnus au niveau national voir international. A l’instar du ndolé ou du poulet DG.

L’absence d’une réelle volonté politique des pouvoirs publics couplés au manque d’initiatives de promotion et de valorisation de la cuisine camerounaise, sont autant d’obstacles qui ne militent pas en faveur de cette riche cuisine. Toute chose que le festival des Saveurs du Cameroun et du Monde entend corriger, avec l’appui des pouvoirs publics et des différents mécènes. Car aujourd’hui, la gastronomie est un argument de poids pour les secteurs touristique et économique, qui s’exprime aussi à travers les relations diplomatiques, où ses saveurs se répandent au fil de l’Histoire.

«La diplomatie a de tout temps regardé l’art culinaire comme un moyen d’amenuiser la négociation, de créer une ambiance de détente, sinon de bonne humeur, autour de discussions ardues ou crispantes», souligne Philippe Faure, ancien ambassadeur de France. «Hilary Clinton elle-même a lancé, en 2012, le Diplomatic Culinary Partnership (partenariat diplomatique culinaire) qui visait, en faisant intervenir plusieurs dizaines de chefs cuisiniers de tous pays, à faire reconnaître le rôle de la cuisine dans la diplomatie américaine. La diplomatie culinaire, apparait d’ores et déjà comme une délicieuse arme secrète à laquelle font recours plusieurs Etats pour se faire connaître dans le concert des nations.

 

Par Thierry Eba AFRIQUE-54.COM

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