Cameroun : L’arbitraire et l’absolutisme en mode de gouvernance

Depuis le saccage de l’Ambassade du Cameroun en France, plusieurs camerounais sont traqués  de toute part comme  de vulgaires  brigands. Maxime Kenfack est l’une de ces personnes ardemment recherchées par les éléments de la police nationale qui obéissent au doigt et à l’œil au régime de Yaoundé.

L’Ambassade du Cameroun en France avait été victime d’un acte de vandalisme au mois de janvier 2019. Des individus mal intentionnés avaient saccagés les bureaux de cette représentation diplomatique. A en croire le plénipotentiaire Camerounais, ils avaient emporté avec eux, des documents confidentiels et administratifs, des passeports de toute nationalité en attente de visa pour le Cameroun, des cachets de service, des caméras de  surveillance et bien d’autres documents et matériels de travail. Des actes condamnés avec la dernière énergie par la suprématie française et camerounaise. Dès lors, des enquêtes avaient été ouvertes pour retrouver les coupables où qu’ils soient.

Seulement, telles que les opérations se passent sur le terrain, d’aucuns estiment que la police camerounaise agit sous les ordres du régime de Yaoundé.  Le quotidien privé Le Jour, proche de Maurice Kamto,  avait parlé de « La traque au faciès » dans une enquête qui révélait que  les interpellations  s’opéraient contre  les ressortissants de la région de l’Ouest dont certains sont hostiles au Président  Paul Biya. Ils concluent à des poursuites et des arrestations  arbitraires.

Pour le régime en place, il n’est pas question de laisser prospérer le désordre. Une représentation diplomatique est une partie du territoire national à l’étranger et l’ordre doit y régner. Il ne s’agit pas selon le ministre de l’Administration Territoriale, des enquêtes de navigation à vue ou à tête chercheuse. Les coupables doivent répondre de leurs actes devant la justice.

S’agissant des partisans de Maurice Kamto, le gouvernement qui procède à des arrestations, laisse entendre qu’ils ont bravé voire transgressé la loi en observant des marches prohibées. A l’extérieur, ils sont également les mêmes à troubler le séjour du Chef de l’Etat et à foutre le bordel dans les représentations diplomatiques défiant ainsi l’autorité de l’Etat.

C’est une version que rejettent en bloc les partisans de l’opposant camerounais Maurice Kamto.  Ils soutiennent mordicus que ces poursuites et arrestations ne visent que les ressortissants de la région de l’Ouest hostiles au régime en place. Pour eux, le véritable problème débute avec l’auto proclamation de  Maurice Kamto vainqueur de l’élection présidentielle  du 07 octobre 2018. Il avait également contesté les résultats livré par le conseil constitutionnel. Dès lors, tous ceux qui le soutiennent à l’intérieur comme à l’extérieur sont pris à chasse, selon un des responsables du MRC.

La tête d’un innocent mise à prix ?

 Les droits de l’Homme sont mis à rude épreuve. Plusieurs  Camerounais ont perdu le sommeil depuis le saccage de  cette Ambassade du Cameroun en  France. Ils sont pointés du doigt comme étant les auteurs de ces actes de vandalisme. Leur tête mise à prix parce que «  soutenant l’opposant camerounais.

Maxime Kenfack l’un des adeptes du leader du MRC est ardemment recherché par la justice camerounaise selon une source familiale. D’autres  parlent de ses jours de liberté qui sont désormais comptés. Le péché de Maxime  Kenfack est selon  certaines indiscrétions, d’être un  partisan de Maurice Kamto. Il ne cache pas d’ailleurs son soutien dans les réseaux sociaux où il anime une page Facebook « camer.land.infos ».  Entre autres choses relevées,  son soutien et de son appui à l’opposant camerounais sur. Son activisme et sa détermination feraient  de lui, la cible voire la personne à abattre. Il faut bien un bouc- émissaire pour calmer les ardeurs et les velléités. Maxime Kenfack est désormais persona non grata dans son propre pays. Il en est ainsi de plusieurs membres de sa famille.

Un recherché  aperçu à Paris

getfluence.com

Maxime Kenfack membre du MRC sur qui pèserait un mandat de  recherche au Cameroun pour insurrection,  aurait été aperçu dans un meeting du MRC à Paris  le 1er février dernier. Ce qui ferait peser des soupçons et son implication aux actes de vandalisme de l’Ambassade du Cameroun à Paris. Pourtant  jusqu’ici, aucun élément ne prouve qu’il soit  parmi ces vandales activement recherchés. Il y a lieu de craindre car, si rien n’est fait en mode urgence, Maxime Kenfack pourrait finir ses jours au fond d’un cachot,  s’il réussit à échapper à la mort quand, il ne serait pas porté disparu. Argument d’un de ses proches qui fait savoir que  d’autres camerounais sont dans cette situation.

L’affaire va dans tous les sens. Dans la confusion totale, d’autres sources proches de son parti évoquent son soutien aux mouvements séparatistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

 Désertion

Plusieurs jeunes Camerounais redoutent la montée de la violence et arrestations D’après l’International Crisis Group, les forces gouvernementales et les séparatistes armés ont tué plus de 420 civils dans ces régions depuis l’aggravation de la crise en 2017. Les Nations Unies ont estimé à plus de 244.000, le nombre de civils déplacés dans la seule région de l’Extrême-Nord. Une situation qui amène un bon nombre de jeunes à vouloir quitter le pays.

 

Selon une source proche des milieux diplomatiques belges, en mi 2019 le nombre de demandes d’asile par les Camerounais était de 2700. Le chiffre est monté d’un cran en 2019  car, en 06 mois seulement (janvier-juin) le compteur affichait déjà 2800, inquiétant les autorités belges qui veulent voir plus clair.

 

© Adoul Kader  ⌋ Afrique-54.com

 

 

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