Grand Dialogue National : Une concertation taillée à la mesure de Paul Biya

La concertation annoncée par le président de la République il y’a quelques temps s’est ouverte ce lundi 30 septembre 2019 au Palais des Congrès de Yaoundé, sans les principaux interlocuteurs de la revendication de la sécession de l’Etat.

C’est une étape décisive dans la marche de la République du Cameroun qui s’est ouverte ce lundi 30 septembre 2019 sur les hauteurs du Palais des Congrès de Yaoundé. Dans un contexte de crise, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui secoue depuis plus de trois ans et ce de plein fouet l’ensemble peuple. Les fils et filles de ce pays du Golfe de Guinée, ont apprécié différemment l’initiative voulue par le président Paul Biya, de la tenue d’un Grand dialogue national, sous la coordination du Premier ministre Chief Dion Ngute. Une concertation dont le chef de l’Etat dans sa communication du 10 septembre 2019, a semblé esquisser les contours pour un retour serein de la paix. Une occasion donc idoine, de faire taire des antagonismes au sein d’un peuple dont les blessures de l’histoire n’ont jamais pu être pansées.

Opportunisme d’un agenda

Le dialogue appelé de tous les vœux par tout un peuple depuis le début de cette crise qui secoue la partie anglophone du Cameroun, se tient au moment où très peu l’attendait encore. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer la tenue de ce dialogue sous la contrainte internationale, dans le sillage des 74èmeassises des Nations Unis. Une étape sans doute décisive, dans la gestion de la résolution cette crise qui a déjà plusieurs centaines de morts et des milliers de déplacés selon l’ong Crisi Group.

Dans un teaming donné et voulu par le Chef de l’Etat Paul Biya, apparu une fois encore comme le maître du temps et des horloges. Un agenda de la vie politique nationale, imposé par un président de la République qui tient depuis 37 ans déjà, de mains de fer, la barque de son pays. Une rencontre tous azimuts dont le but ultime est d’impliquer toutes les différentes sensibilités à la recherche d’une solution. Dans un processus qui tient à la fois compte des contingences politiques et socioculturelles, d’un pays dont la diversité culturelle est forte remarquable. La crédibilité d’une telle initiative, réside donc  dans l’adhésion et l’appropriation par une large majorité des parties.

Un ordre du jour bien circonscrit

Les participants conviés à cet offre de dialogue et de réconciliation du président Paul Biya, n’ont pas pour la plupart été surpris par l’ordre du jour communiqué la veille des travaux. Un Camerounais de l’étranger qui a bien voulu garder l’anonymat s’est confié à notre micro « j’ai bien reçu mon invitation, par la suite j’ai pu échanger avec le Premier ministre, bien que j’ai regretté que la forme de l’Etat n’ait pas été inscrite à l’ordre du jour. Alors même que les revendications de la sécession sont en plein pied sur la forme même de l’Etat.»

Les huit commissions mises sur pied vont durant 5 jours, passer au peigne fin les débats sur des thèmes aussi divers que variés. Partant de la décentralisation, de la cohésion sociale, en passant par la diaspora, jusqu’à la reconstruction  et au développement des zones touchées. Un dialogue donc taillé sur mesure pour satisfaire le pouvoir de Yaoundé, qui ne finit pas de surfer sur des vents défavorables. Et donc une partie de la population semble ne pas accorder beaucoup de crédit, dans un environnement où y règne une sorte de crispation au sein de la population.

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Une appropriation partielle

Les travaux ouverts ce lundi 30 septembre 2019, dans la capitale camerounaise Yaoundé bien que salués par toute la communauté, semblent bien être passés à côté de l’un de ses objectifs majeurs. Mettre autour de la même table, le temps d’un dialogue inclusif, les fils et filles du Cameroun. Notamment les interlocuteurs de la thèse sécessionniste dont aucune ombre n’a été aperçue à l’intérieur de la salle principale du Palais des Congrès, sur les hauteurs du mont Nyada.

Pour le Premier ministre Dion Ngute, au centre de cette concertation, la responsabilité qui pèse sur les épaule de différents participants est incommensurable. «Je mesure la responsabilité historique qui nous incombe, face à nos enfant et aux générations futures. En décidant de convier le grand dialogue national, le Président de la République rend chacun de nous responsable du destin de notre patrie », a indiqué le Premier ministre à l’ouverture de ces assises. Une occasion donc manquée, de libérer les cœurs d’une partie de la population qui s’est longtemps sentie à l’étroit, au sein d’une population composite.

 

Par Thierry Eba / Afrique-54.com / Afrique

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