Cameroun : Le Colonel de Batibo qui a tenté d’empêcher la crise anglophone juge Mafany Musonge

 Le Colonel WERIWOH TEMBENG Godfrey qui parle des relations avec Jean Marie Atangana Mebara pense que les Commissions MUSONGE et FAI YENGO sont programmées face à la crise dite anglophone. « Le Rambo de l’armée camerounaise » fait des révélations sur  cette crise au cours d’une interview accordée au Journal Du Peuple.

 

 « Depuis 2001, cet officier supérieur qui désarma 15 coupeurs de route à Doumé en 2006, avait déjà entrepris le combat contre la Sécession tant redoutée aujourd’hui. Comme cheval de bataille, à la place du fusil, le Rambo de l’armée camerounaise avait choisi le développement pour calmer les velléités séparatistes. Il répond ici aux questions de la Rédaction de JDP. Lisons!

Qu’est-ce vous avez fait en 2001 pour tenter de calmer la colère des anglophones ?

Colonel WERIWOH TEMBENG Godfrey : Après la nomination de Monsieur ATANGANA MEBARA au Secrétariat Général de la Présidence de la République, à la faveur d’une rencontre dans le cadre de la félicitation à son domicile, j’avais eu l’opportunité de lui présenter sommairement la situation anglophone depuis le départ de la République Unie pour la République du Cameroun dans les années 1984/1085. Intéressé par mon récit, il m’avait invité à le rencontrer dans son bureau au Palais de l’Unité, afin que je sois plus exhaustif et que je lui permette de prendre des notes. Le lendemain, je m’étais rendu sur les lieux en compagnie de Fon TECHE (Ex sénateur RDPC du Nord-Ouest, ndlr). Y étant, l’EX SG/PRC nous avait écoutés sur les faits produits par la modification de l’appellation du Cameroun et le fonctionnement de l’Etat qui mettaient les anglophones à l’écart. Suite à notre entretien, ATANGANA MEBARA nous instruit à Fon TECHE en sa qualité d’homme politique et civil, à rassembler ses autres collègues de la Région du Nord-Ouest et que ceux-ci lui fassent parvenir dans les délais, un mémorandum consignant tout ce que je lui avais relaté. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les fons étaient revenus quelques jours après, porteurs du document attendu par le SG/PRC. La présentation de ce mémorandum s’était faite sur le regard des caméras de la CRTV, sur le perron du Palais de l’Unité.

Malheureusement, cette démarche n’avait produit aucun effet attendu, laissant place à l’aggravation de la situation. Par exemple, même le petit poste de Secrétaire d’Etat à l’Education de Base que les anglophones occupaient jusque-là leur sera enlevé.

Qu’avez-vous fait face à la clochardisation grandissante dont sont victimes les populations des régions anglophones ?

Face à cette situation que vous constatez, j’avais sollicité les colonnes des journaux, dont le JDP, en 2010, 2012 et eu début de 2016, pour attirer l’attention du gouvernement sur les risques de cette clochardisation, si vous me permettez d’employer ce mot. Mais en vain avais-je tenté cette initiative qui consistait à sauver le Cameroun de la grogne populaire.

Malgré vos efforts, les avocats et les enseignants auraient reçu des traitements dégradants et odieux alors qu’ils revendiquaient simplement l’amélioration de leurs conditions de travail. Quelle initiative aviez-vous entreprise pour calmer le jeu ?

Ces tristes incidents sont à l’origine de l’enlisement de la crise, certes. Mais je n’avais pas croisé les bras face à ce désastre. J’avais cherché à rencontrer le chef suprême des armées, le Président Paul BIYA. C’est ainsi qu’avec l’aide de Dr NGUE qui est un proche de la famille présidentielle, je m’étais rendu à MVOMEKA où j’avais été reçu par le député Bonaventure ASSAM et son frère ainé, un certain MVONDO(DEBOSS). Je leur avais fait part de mes propositions pour calmer la crise anglophone. Ils devaient les porter à la connaissance de leur oncle, le Chef de l’Etat.

Parmi les solutions, j’avais proposé la libération de tous ceux qui avaient été interpellés dans le cadre de la crise depuis 2016, de démettre de leurs fonctions tous les anglophones qui n’avaient pas su aider le président de la République à mieux gérer le problème anglophone, avant et pendant la crise de 2016, j’avais proposé qu’un deuil national soit organisé en la mémoire de tous les Camerounais qui avaient trouvé la mort dans le cadre de cette crise. J’avais en fin proposé la nomination des anglophones à la tête des ministères de souveraineté tels que l’administration territoriale, l’éducation de base, les finances et les forces armées. Pour ma part, cette nouvelle équipe devait se mettre au travail pour faire retourner la paix dans ces régions et, pour préparer la visite du président BIYA dans ces zones afin de prendre langue avec ses administrés qui y sont.

A mon retour de MVOMEKAA, j’avais été convié à une séance de travail qui se tenait à l’Ecole nationale supérieure de police de Yaoundé. Prenaient part à cette assise qui avait démarré à 21 H OO, Messieurs MOTIMB BELINGA MBA, commissaire de police principal, et, AL Hadj BALLO, venu de Bafoussam. Au cours de cette réunion, les propositions que j’avais faites à MVOMEKA étaient reprises et retenues à l’unanimité. Mais deux ou trois semaines après, seulement 22 personnes avaient qui avaient été élargies. Et c’était une goutte d’eau dans la mer.

Alors que vous aviez proposé de démettre les collaborateurs qui avaient géré la crise, nous constatons que ces personnes ont survécu au réaménagement gouvernemental du 04 janvier dernier. Que dites-vous ?

Les évènements en cours dans ces régions et, depuis le réaménagement répondent suffisamment à votre question.

La Commission MUSONGE et la Commission FAI YENGO peuvent-elles résoudre la crise anglophone ?

Elles ne peuvent pas car le bilan MUSONGE est nul à ce jour. Les fonds mis à sa disposition auraient pu servir au recrutement des enseignants des deux langues qu’on aurait essaimés sur toute l’étendue du territoire national depuis le primaire. Quant à ce que vous appelez commission FAI YENGO Francis, il serait difficile qu’un civil se présente pour désarmer des individus armés. Cette commission est nulle. Il est nécessaire de mettre en place une force d’interposition dans laquelle sera impliquées l’Union africaine, l’Union européenne et l’ONU. Voici la force qui peut désarmer les hommes armés qui pullulent dans ces régions. Cette force va préparer un référendum sur la forme de l’Etat.

Batibo est l’épicentre de la Sécession alors qu’il dispose d’un ministre au CONSUPE.

Depuis la Réunification, c’est Batibo qui possède tous les atouts économiques et populaires. Mais aucun de ses fils n’a jamais été ministre. Quant à la dame du CONSUPE, elle est plutôt épouse d’un fils de Batibo ; elle-même est de BENGWI. Je vous remercie.

 

 Interview réalisée par ESSAMA Martial, Envoyé Spécial JDP à BATIBO »

 

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