Présidentielle camerounaise : Elecam rejette une vidéo à lui attribuée par les mercenaires de l’industrie des fake news

D’après l’organe en charge des élections au Cameroun, des individus mal intentionnés font circuler une vidéo afin de saboter le scrutin du 07 octobre 2018.

 

 

© Lucien Embom, La Voix Des Décideurs – Selon la fameuse vidéo, l’envoi des procès-verbaux relatifs à la Présidentielle 2018 va se dérouler sur internet grâce à une plateforme dénommée Electra. L’opérateur devra aller sur le menu et puis cliquer sur « Envoyer PV ». Celui-ci devra au préalable être inscrit comme scrutateur, précise-t-on. Au niveau menu, le scrutateur sélectionnera le bureau de vote dans lequel il aura opéré. Ce dernier pourra sélectionner par exemple le bureau de vote de Banyo. Les heures d’ouverture et de fermeture du bureau de vote devront être mentionnées sur la plateforme.

Ce que dit la fausse vidéo

Sur la plateforme, l’utilisateur devra saisir le nom du président du bureau de vote, les scores des différents partis, le nombre de bulletins nuls et la masse de votants. La vidéo précise que dans chaque bureau de vote, le nombre d’électeurs ne doit pas dépasser la barre de 500. Le scrutateur prendra le temps de récupérer le Procès-Verbal (PV) visé par tous les scrutateurs représentant les partis politiques en lice dans son bureau de vote. Le PV devra être filmé à l’aide d’un téléphone portable et envoyé si les conditions techniques le permettent.

 

 

Avis sur le déroulement du scrutin

S’il y a des difficultés à transmettre le document via internet au destinataire que les pirates présentent comme étant Elecam, le scrutateur devra le conserver dans son téléphone. Et dès que les problèmes de connexion seront résolus, il pourra expédier le procès-verbal. Le même scenario sera mis en valeur au moment de l’envoi du décompte des élections. La vidéo indique que le scrutateur filmera et enverra l’image dudit document à « Elections Cameroon ». Pour boucler le processus, l’utilisateur devra faire des observations en rapport avec le déroulement des opérations dans son bureau de vote.

 

 

En d’autres termes, le scrutateur a l’obligation de dire si tout s‘est bien passé ou non. Il faut moins de 5 minutes pour expédier un procès-verbal en se servant d’Electra. Elections Cameroon ne revendique pas la paternité de cette vidéo et de ce processus d’envoi des données via internet. L’organe ne cesse de marteler que cette vidéo qui circule actuellement n’est pas son œuvre. Un agent d’Elecam déclare : «  Ça ne vient pas de nous, même s’il semble avoir une similitude avec ce que nous avons proposé au DGE et qui n’a pas donné son aval. »

«  Il y a beaucoup de défauts. Leur liste de bv n’est pas la nôtre. Ils n’ont pas le nombre d’électeurs et beaucoup d’autres choses. Ce que nous avons présenté au patron était plus complet »,  lance son collègue. De l’avis de la Direction Générale des Elections, ceux qui ont mis ce mécanisme sur pied, veulent non seulement créer la confusion dans les esprits des scrutateurs mais aussi, subtiliser les données de la Présidentielle du 07 octobre 2018.

 Risques de troubles sociaux

En manipulant cet outil que nombre de cadres d’Elecam ont qualifié de satanique, ces acteurs cagoulés de l’industrie des Fake news sont en mesure d’occasionner des troubles sociaux sans précédent au Cameroun. Autre chose, les données collectées frauduleusement peuvent être falsifiées pour briser la vérité des urnes et faire le chantage au régime en place. La hiérarchie d’Elections Cameroon appelle tous les acteurs du processus électoral camerounais à redoubler de vigilance. Elecam a toujours été dans le collimateur des forces du mal.

Elecam, une victime des fake news

Des fausses informations ont circulé pendant un bon bout de temps sur le faux compte Facebook « Elecam et Vous ». Pendant que le Conseil Electoral d’Elections Cameroon siégeait encore, le 23 juillet 2018 une fausse liste des candidats retenus pour la Présidentielle 2018 s’est mise à circuler. Il a fallu qu’Elecam réagisse à travers ses voix les plus autorisées pour éclairer la lanterne de l’opinion. Comme si cela ne suffisait pas, on a eu droit quelques jours plus tard à une fausse liste des inscrits et bureaux de vote des Camerounais de l’étranger au 30 juillet 2018.

En septembre dernier, on a appris par le biais des réseaux sociaux que l’accès au bureau de vote était interdit le 07 octobre 2018 aux électeurs munis de téléphone portable. A travers le communiqué de N°0053/CRP/ ELECAM/DGE datant du 28 septembre 2018, le Directeur Général des Elections, Docteur Erik Essousse s’est inscrit en faux contre cette information. Le gouvernement camerounais a fait de la guerre contre les fake news, une priorité. Les autorités camerounaises ont fait appel au réseau Facebook en août dernier pour la première fois de l’histoire.

Les agents de Facebook ont été contactés par l’Etat du Cameroun, pour lutter contre les fake news en période électorale. La croix s’avère lourde à porter. L’opérateur américain doit supprimer un nombre incalculable de faux comptes et d’informations mensongères sur le réseau Facebook. Deux experts de Facebook ont conduit une mission de formation et de sensibilisation sur les règles d’utilisation de leur réseau. Ils ont proscrit l’usage des discours haineux sur Facebook. En attendant que le travail ne porte ses fruits, les utilisateurs pervers continuent leur sale besogne.

 

 

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